Guy Thuillier – Hachette – 1976

Vision détaillée, et souvent humoristique de toutes les caractéristiques de la vie de Bureau dans les administrations au dix-neuvième siècle. A part le décor, et les outils de travail (l’ordinateur ayant remplacé la plume d’oie), y a-t-il beaucoup de changement quant aux mentalités et au type d’activité entre hier et aujourd’hui ? On se le demande tant en lisant ce livre, on n’a pas l’impression que les choses aient beaucoup changé ! Un ouvrage très exhaustif, comme toujours dans cette collection, allant des grades à la protection sociale, en passant par les horaires, les tâches à effectuer, et… la féminisation des services qui commençait à l’époque, facile à lire et intéressant.

Serge Brussolo – Folio SF – 1995-1997

Il s’agit d’un recueil de trois histoires. La première, le Rempart des Naufrageurs est alléchante, avec cette planète balayée par des ouragans qui emportent tout sur leur passage, et des trombes aspirantes qui obligent les habitants à devenir obèses, à vivre en permanence amarrés à des plots de béton ou à se terrer dans des boyaux exigus sous terre pour ne pas s’envoler et mourir. Trois personnes aux buts différents tentent de parvernir à l’épicentre du phénomène et… l’histoire s’arrête en route, au grand désespoir du lecteur frustré ! Les deux autres reprennent une héroine croisée dans la première, mais ça dégénère bien vite en histoire d’horreur sanguinolente sans aucun intérêt d’autant plus qu’on ne comprend pas bien ce que viennent faire l’Arc de Triompe et l’Opéra de Paris là.. et on laisse tomber rapidement. Quel dommage d’avoir ainsi dévié d’une narration qui, poursuivie dans la même direction qu’au début, aurait pu devenir un excellent roman.

Maurice Leblanc – 1907

Quel plaisir de retrouver l’élégance et la finesse de ce héros et de cet auteur. Des décennies après, le plaisir est toujours le même, on savoure toujours ces histoires et on apprécie les raisonnements remarquables de ce cambrioleur de génie dont on suit les aventures avec autant d’avidité que d’intérêt. Un grand classique donc, à découvrir ou retrouver, qui donne envie de relire toutes les oeuvres de cet auteur rempli de talent, parce que…. c’est trop bien !

Monique de Huertas – Centurion – 1993

Quelle femme, minuscule, menue, mais avec autant de charisme que de volonté opiniâtre pour défendre sa foi, ses convictions, les pauvres gens auxquels elle a consacré sa longue vie de prière et d’action ! Elle a sillonné le monde, en partant d’Albanie où elle naît, sautant d’un avion dans l’autre, d’un pays à l’autre, cotoyant les grands de ce monde, autant politiques que religieuses. Elle a fondé d’innombrables maisons pour les pauvres, les enfants abandonnés, les malades, les lépreux, les isolés, dans le monde entier y compris dans les pays les moins chrétiens, suscité de non moins innombrables vocations, elle n’a jamais fait acception de personne, juif, mahométan, hindou, peu lui importait, si c’était un malheureux, quel que soit son malheur, il fallait lui apporter sourire, réconfort et nourriture. Un beau livre par son sujet, avec de nombreuses citations de la Mère de Calcutta, une vie réconfortante, qui mérite d’être plus amplement connue et admirée.

Dominique Fernandez – Grasset – 1994

Un roman flamboyant ! Ecrit en plus dans une langue superbe, il raconte la vie de Gian Gastone, dernier des Médicis, fin de race, décadent, terminant sa vie dans la plus profonde abjection. Roman à clé aussi, l’auteur y parle d’homosexualité et de maladie sexuellement transmissible, qui font volontairement penser à l’épidémie de SIDA quelques siècles plus tard. Une histoire pleine de turpitudes, mais aussi d’art, de peinture, d’architecture, dans la Florence du XVIIIe siècle, de la vie aussi raffinée qu’amorale des derniers Médicis, un ouvrage passionnant, même si quelques anachronismes sur le tourisme de masse actuel restent étranges. Et quel écrivain, du grand art.

Nicole de Buron – Plon – 2006

Bon, bon, bof… Ces souvenirs personnels de Nicole de Buron n’ont vraiment rien de bien intéressant, et si cet ouvrage se lit facilement et n’est pas ennuyeux, le fond est assez creux pour qu’on l’oublie aussi vite qu’on l’a lu. Rien d’original dans la vie de cette dame, rien de particulièrement notoire, même si son style naturel et enlevé rend ce récit plutôt sympathique et souvent amusant. Du quotidien, rien de profond ni de passionnant toutefois. Pourrait-on encore repasser “Les saintes chéries” à la télé maintenant ?

Stephen King – Albin Michel – 2001

Un livre en deux parties : l’une consacrée à l’autobiographie de l’auteur, l’autre à des “conseils” donnés à des aspirants écrivains. C’est de loin cette dernière qui est la plus intéressante. Stephen y explique sa façon d’écrire, les tics à éviter, sa perception de l’écriture et de la manière de raconter une histoire, le tout avec humour, et avec un vocabulaire familier, simple et naturel. Plein de bon sens, plein d’évidences qu’il est toutefois bon de rappeller, cette étude du travail de l’écrivain professionnel (auteur de best-sellers aussi) est très intéressante, et donne envie d’essayer.. plus sans doute que de lire les romans à succès de l’auteur !

Jacques Dubois – Que sais-je ? – 1985

Uniquement pour les inconditionnels du sujet, certainement, mais ce petit livre est très complet, et offre un panorama historique très clair de l’évolution de la vie monastique depuis les tous premiers ermites jusqu’aux grands ordres actuels. Disons que cet ouvrage est un bon début qui nécessite toutefois d’autres développements plus spécifiques à tel ou tel ordre, des témoignages et des références plus précises aux différentes règles. Mais pour une première approche, c’est déjà un opuscule intéressant.

Dominique Jamet – Flammarion – 2000

La triste histoire d’un gamin mal aimé, mal nourri, mal fagoté, qui a vécu son enfance pendant la guerre, à Paris et de temps en temps en province, sous la férule d’un père intellectuel et fondamentalement égoïste, orphelin de mère, très doué pour les études, lecteur quasi compulsif, qui observe avec ses yeux d’enfant les événements qui le dépassent. Un livre mélancolique, remarquablement bien écrit, qui fait plonger le lecteur dans cette sinistre période de l’Histoire, où la vie d’un gosse était ballotée entre la faim et la folie des adultes, au milieu des ruines, des lâchetés des uns et de la générosité des autres. Une très belle histoire, hélas trop vraie.

Géraldine Puccini-Delbey – Taillandier – 2007

Contrairement à ce que le titre laisserait penser, ce livre est très sérieux, à la limite de l’austère, à des lieues de l’érotisme ou de la pornographie. Il s’agit d’une étude très fouillée des moeurs sexuelles dans la Rome antique, à la lumière des lois de cette époque, très différentes des nôtres. Il n’y avait pas de distinction entre homosexuel ou hétérosexuel, mais plutôt entre l’actif et le passif dans la relation, le premier étant considéré comme supérieur, quel que soit son partenaire, et l’autre non. Le rôle des matrones (épouses vouées à donner une descendance à leur mari) et celui des prostituées ou des esclaves lesquels, hommes, femmes ou enfants doivent se plier aux désirs de leurs propriétaires est très clairement expliqué. Une fresque exhaustive des habitudes de ce temps, avec de nombreuses références historiques et iconographiques. Un livre un peu difficile à lire, mais une somme de connaissances intéressantes.

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